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Le double visage du Bitcoin en pleine guerre iranienne

Par Vincent Lautier - Publié le

Le conflit entre les États-Unis et l'Iran pèse sur les marchés depuis des semaines, mais le Bitcoin résiste. Il a même bondi au-dessus des 68 000 dollars après les déclarations de Donald Trump sur des négociations avec un nouveau régime à Téhéran.

Le double visage du Bitcoin en pleine guerre iranienne


Un rebond sur fond de diplomatie



Le Bitcoin a gagné jusqu'à 2,6 % dimanche, atteignant 68 335 dollars avant de se stabiliser autour de 67 500 dollars. Ether a suivi avec +3,3 %, Solana et XRP entre 1,5 et 2,2 %. Le déclencheur : Donald Trump a affirmé que les États-Unis menaient des discussions sérieuses avec ce qu'il appelle un nouveau régime, plus raisonnable en Iran.

Il a aussi exigé la réouverture immédiate du détroit d'Ormuz, tout en menaçant de détruire des infrastructures énergétiques iraniennes si les négociations échouaient. Depuis le début du conflit, le Bitcoin oscille entre 65 000 et 73 000 dollars. Il chute à chaque escalade, mais refuse de casser structurellement. JPMorgan a d'ailleurs relevé que le Bitcoin encaissait mieux la crise que l'or et l'argent, ce qui n'a pas manqué de faire réagir dans les salles de marché.

Le double visage du Bitcoin en pleine guerre iranienne


7,8 milliards de dollars dans l'ombre



Côté iranien, la crypto n'est pas qu'un actif spéculatif. C'est un outil de survie. Le marché crypto iranien pesait 7,8 milliards de dollars en 2025, en forte hausse. Les Gardiens de la Révolution ont brassé plus de 3 milliards de dollars en cryptomonnaies sur l'année, soit plus de 50 % des flux totaux du pays au dernier trimestre.

La Banque centrale iranienne elle-même a été prise la main dans le sac, avec des documents fuités montrant l'achat de stablecoins via des courtiers, blanchis ensuite à travers des protocoles DeFi. En 2025, les entités sous sanctions ont reçu 104 milliards de dollars en crypto à travers le monde, une hausse de 694 %. C'est faramineux.

Le double visage du Bitcoin en pleine guerre iranienne


Les Iraniens, eux, achètent du Bitcoin



Et puis il y a les civils. Avec une inflation qui frôle les 50 % et un rial en chute libre, les Iraniens se tournent massivement vers le Bitcoin. Plus de 10 millions de dollars ont quitté les plateformes iraniennes entre le 28 février et le 2 mars, juste après les frappes américano-israéliennes. La plateforme Nobitex a enregistré un pic de retraits de 700 %.

La différence avec l'État, c'est que les civils préfèrent le Bitcoin aux stablecoins. Le Bitcoin peut être retiré sur un portefeuille personnel, hors de portée du gouvernement. Les autorités, elles, privilégient les stablecoins adossés au dollar pour leurs transactions internationales.

On en dit quoi ?



Visiblement, le Bitcoin est devenu un baromètre géopolitique à part entière. Il monte quand Trump parle de paix, il baisse quand les bombes tombent, et entre les deux, il tient bon. Côté iranien, on est face à un double usage assez frappant : d'un côté un État qui utilise la crypto pour contourner les sanctions et financer des opérations militaires, de l'autre des millions de citoyens qui s'en servent comme refuge face à l'effondrement de leur monnaie. Bref, c'est loin d'être un petit sujet.